Rencontre avec un texte , un auteur de théâtre, Le Professionnel de Dusan Kovacevic adapté et traduit par Anne Renoue et Vladimir Cejovic
L’intelligence, la qualité et l’intensité de cette écriture m’ont tout de suite plu à la première lecture. Il y avait là une vraie pièce, de celle que l’on espère toujours et qui ne vient jamais, malgré notre métier de curieux et de chercheur incessant. Mais heureusement, et c’est cela qui nous tient, un trésor se dévoile de temps en temps.
C’est Jean Marie Galey qui m’a porté ce projet et tout naturellement j’ai pensé à Jean Pierre Kalfon avec qui j’avais envie de travailler depuis longtemps. Stephan Meldegg me paraissait avoir le regard idéal pour mettre en scène cette comédie serbe. Puis , pour donner ses meilleures chances à ce projet, l’équipe s’est complétée de manière cohérente avec des talents exceptionnels comme le décorateur André Acquart, l’éclairagiste André Diot.
Que tous soient remercié ici de rendre vivant ce projet que je portais depuis 3 ans et qui répond à la vocation du Théâtre Rive Gauche telle que je l’ai souhaitée, alternance de comédies dans leurs plus grandes diversités.
Le Producteur
Alain MALLET
Note du metteur en scène
« Ici et pour l’heure, je suis quelqu’un, nommé par quelqu’un, pour m’occuper et prendre soin de quelquechose ».
Teodor Kraj, ex dissident et auteur peu productif, bombardé rédacteur en chef d’une grande maison d’édition par la « nouvelle Serbie », n’a aucune illusion sur sa récente promotion. L’homme qui a été destitué pour lui faire de la place est toujours dans les murs et s’amuse à organiser des beuveries bruyantes dans la pièce d’à côté pour l’embêter.
Un certain nombre de soi-disant auteurs, qui avaient été ignorés ou refusés par son prédécesseur font le siège de son bureau pour obtenir une seconde chance ou pour simplement le couvrir d’injures. Il fait la cour à sa secrétaire qui est gentille mais déprimée et incapable de lui rendre son affection. Son bureau est austère et froid comme la Serbie d’hier.
Pour tout dire il n’y a pas grand-chose pour générer le moindre optimisme. Et voilà qu’un beau matin se présente un homme avec une serviette en cuir et une grande valise noire. Il s’appelle Luca et bien que Teodor ne le connaisse pas, il va s’avérer que son passé l’a finalement rattrapé.
Ce coup de théâtre de génie qui donne tout son sel à cette histoire ne peut être révèlé. Il suffit de savoir qu’il est digne de la longue tradition d’humour flamboyant et noir des pays de l’Est. C’est la parenté de Dusan Kovacevic avec Vaclav Havel qui m’a séduit immédiatement et qui va me guider dans ma mise en scène. Je suis ravi de travailler pour la première fois avec Jean Pierre Kalfon, Jean Marie Galey, Muranyi Kovacs et de retrouver mon vieux camarade Jérôme Le Paulmier.
Stephan Meldegg
Le choix des traducteurs
Enthousiasmés par le scénario du film d'Emir Kusturica Underground, nous avions proposé à Dusan Kovacevic de traduire sa pièce Printemps en janvier qui en était le texte inspirateur. Mais la pièce ayant déjà donné lieu à un scénario et un roman, M.Kovacevic nous a suggéré de travailler plutôt sur Le Professionnel, traduit en de nombreuses langues, joué avec succès pendant des années en Serbie et à l'étranger, et qui venait de recevoir un accueil enthousiaste à Londres. L'intrigue de la pièce et le texte brillant qui mêle la drôlerie à la gravité nous ont immédiatement séduits, et nous nous sommes mis au travail. Notre traduction a été éditée aux éditions de l'Age d'Homme qui poursuivent la publication des œuvres de Dusan Kovacevic.